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Cistude, dans la peau d’une tortue

Le réveil printanier de la cistude dépend du soleil

Aujourd'hui, vous êtes une cistude. Pour nager, vous n’avez pas le choix. Il vous faut d’abord perdre votre sang froid.

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La cistude, un sous-marin à propulsion solaire
Journal de bord de la cistude, 28 mars • 8 h 27 • 9°C: Démarrage laborieux en mode économie d’énergie. Marche au fond de l’étang à la vitesse d’environ un mètre à la minute. / © Rémi Masson

Un reptile vous êtes donc. Et vous voilà dépourvu du prodigieux thermostat qui maintenait à grands frais votre température corporelle à 36,7°C. Les tortues n’ont pas les moyens d’entretenir un métabolisme aussi coûteux. Par conséquent, vos organes de cistude auront plus ou moins la même température que l’eau ou l’air où vous vous trouvez… sachant que ce n’est qu’à partir de 28°C que vous vous sentirez suffisamment en forme pour partir en chasse.

D'abord, trainer la patte

Quand le soleil d’août tape fort sur l’eau, ce n’est pas un problème. Mais au début du printemps, c’est une tout autre histoire. Souvenez-vous ce matin glacé de mars. L’eau faisait 9°C à tout casser. Vous veniez de vous réveiller d’une sieste de six mois recroquevillée dans la vase au fond de l’eau, les piles complètement à plat. Ce jour-là, en vous traînant lentement pas après pas sur le fond, il vous a fallu presque deux heures pour rejoindre la portion de l’étang réchauffée par le soleil. Ouf, à 10h 30, vous aviez gagné un supplément de 6 degrés. Mais c’était encore largement insuffisant.

Ensuite, bronzette au grand air!

Alors, lors d’une de vos sorties de périscope, vous avez remarqué que la température de l’air était devenue plus chaude que celle de l’eau. Déjà 4 degrés de différence ! Il était temps de sortir au grand air et de vous trouver un solarium de luxe pour recharger vos batteries plusieurs heures durant. Jour après jour, vous avez dû répéter cet exercice solaire tout le printemps… ou du moins tous les jours suffisamment chauds pour permettre votre activité.

Couverture de La Salamandre n°235

Cet article est extrait de la Revue Salamandre

n° 235  août - septembre 2016, article initialement paru sous le titre "Un sous-marin à propulsion solaire"
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