Mutualisme, ces animaux qui se soignent entre eux
Certains êtres vivants concluent des alliances pour se débarrasser de parasites… et parfois faire pharmacie commune. Découvrez quatre exemples de mutualisme.
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L’ennemi numéro un du saumon atlantique, ce sont les poux de mer, des crustacés copépodes qui passent leur vie adulte agrippés à son corps. Ils utilisent leur hôte comme taxi, sucent son mucus, parfois même son sang. En plus d’entraver ses déplacements, ils induisent un retard de croissance et peuvent lui transmettre certaines maladies. Un saumon infesté multiplie les bonds épuisants hors de l’eau pour se défaire de ses parasites.
Heureusement, dans la nature, il y a des alliances partout, qui permettent souvent de lutter contre les empêcheurs de tourner en rond. Certains poissons nettoyeurs broutent par exemple volontiers les poux de mer accrochés sur le corps de leur victime. Bénéfice évident pour les deux partenaires. D’ailleurs, depuis trente ans, les élevages bio de saumon ne s’y sont pas trompés. Ils ont embauché la vieille commune et le cténolabre pour ce service sanitaire. Depuis peu, un nouveau candidat, le lompe, connu pour ses œufs commercialisés comme alternative au caviar, les remplace dans les fermes salmonicoles norvégiennes. Au contraire de ses cousins, celui-ci ne perd pas l’appétit dans l’eau froide.
Mais, pour assurer le nettoyage des parcs d’élevage industriel, il faut introduire beaucoup de jeunes lompes et au bon moment dans les cages. Voilà qui nécessite de maîtriser la reproduction de ce poisson nettoyeur sans puiser dans les géniteurs sauvages. L’élevage de ces alevins n’est pas une mince affaire, d’autant plus que les lompes peuvent être à leur tour parasités par des vers ou d’autres copépodes. Certainement ces poissons ont-ils eux aussi des alliés qui peuvent éliminer leurs parasites. Mais alors, faudra-t-il également élever les épouilleurs de poissons nettoyeurs dans une vertigineuse mise en abyme ?
Quoi qu’il en soit, ce type de mutualisme entre poissons parasité et nettoyeur est très répandu dans les océans. Selon les cas, il peut s’agir d’un échange de bons procédés occasionnel… ou d’une association mutuellement bénéfique quasiment obligatoire.
15 à 20 millions
C’est le nombre de poissons nettoyeurs élevés annuellement pour lutter contre les poux de mer dans les élevages de saumons norvégiens. Ci-dessus des vieilles communes en pleine action.
Au club des fourmis
Certains insectes parviennent à se glisser à l’intérieur des cités de fourmis des bois pourtant bien gardées. Souvent des parasites, mais parfois aussi des squatters très utiles. Ainsi, les petits coléoptères Dinarda sont tolérés grâce à la sécrétion d’une substance calmante pour les ouvrières. Logés dans un gîte climatisé en toute saison, ils se nourrissent de fourmis mortes et d’autres déchets. Et surtout, ils chassent les acariens qui parasitent les fourmis. Le coléoptère se trouve en si bonne compagnie qu’il n’est pas rare de le voir suivre la colonie quand celle-ci déménage.
Compagnonnage des profondeurs
D’innombrables alliances se déploient dans et autour des racines des arbres, sous forme de mycorhizes avec des champignons ou de nodosités avec des bactéries. Les champignons ravitaillent la plante en eau et en sels minéraux contre des sucres produits par photosynthèse. Les bactéries, elles, fixent l’azote atmosphérique sous une forme assimilable par les arbres. Les champignons peuvent aussi anéantir des pathogènes ou empêcher des métaux lourds et des minéraux toxiques d’atteindre la plante.
Agents de surface
Un étonnant partenariat se déroule dans les petites touffes de poils situées à la base des nervures, sous les feuilles des chênes ou tilleuls. Ces duvets appelés domaties attirent des acariens qui s’en servent d’abri et s’y reproduisent. L’arbre en tire de nombreux bénéfices car ces acariens ne mangent pas les tissus végétaux, mais se nourrissent de champignons ou de leurs spores. Ils chassent aussi des petits herbivores. Ainsi, les acariens protègent les feuilles et les feuilles protègent les acariens.
Cet article est extrait de la Revue Salamandre
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